Toutes les chroniques

Lève les yeux !

Chronique RTBF – Avril 2023

Félix Radu sur le plateau de La Première

L’amour le temps d’un café

Chronique RTBF – Mars 2023

Félix Radu sur La Première

Ôde à la nuit

Chronique RTBF – Février 2023

Félix Radu sur La Première

Mes mots préférés

Chronique RTBF – Décembre 2022

Félix Radu sur La Première

Je ne regarderai pas la coupe du monde

Chronique RTBF – Novembre 2022

Félix Radu sur le plateau de La Première (RTBF)

Le harcèlement scolaire

Chronique RTBF – Octobre 2022

Félix Radu sur le plateau de La Première (RTBF)

Je voudrais tomber amoureux

Chronique RTBF – Septembre 2022

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Félix Radu sur le plateau de La Première (RTBF)

Je souhaite (vœux 2021)

Chronique RTBF – Janvier 2021

Félix Radu sur le plateau de La Première (RTBF)

Je ne suis pas quelqu’un de bien

Chronique RTBF – Décembre 2020

Félix Radu sur le plateau de La Première (RTBF)

Déclaration d’amour à notre génération

Chronique RTBF – Novembre 2020

Lettre à mon père

Chronique RTBF – Septembre 2020

Alors je ferai ce qu’il faudra

Chronique RTBF – Août 2020

Garder les yeux fermés

Chronique RTBF – Juillet 2020

J’accuse

Chronique RTBF – Juillet 2020

Allez viens !

Chronique RTBF – Juillet 2020

Lettre à l’enfant que je n’ai pas encore

Chronique RTBF – Juillet 2020

Et s’aimer

Chronique RTBF – Juin 2020

J’ai pas tout compris. Est-ce qu’on pourrait répéter ce qu’on attend de moi ? Non, j’ai dû être distrait, j’ai rien vu passer. J’ai pas loupé, j’sais pas, un signe du ciel ou du destin ? Quelque chose qui disait : C’est par là, t’inquiète, tout va bien. Enfin, vous comprenez, j’dis ce qui me vient, ça peut tout aussi bien ressembler à un dictionnaire, ou un panneau publicitaire, un truc céleste qui brille quoi, parce que ça devient urgent là. J’ai besoin d’air, et j’trouve pas comment ouvrir les fenêtres à l’univers. Putain ! Me faites pas croire que je suis le seul avec ce truc mélancolique qui grogne sur le palier. Qui bouffe dans mon assiette, et pisse sur les fleurs quand je vais me promener. En plus, je crois que c’est pas le mien ! On a du me le prêter, il est pas à ma taille, j’ai l’air d’un con, je flotte dedans comme un enfant qui porte le pull de ses darons. C’est pour ça. J’crois qu’on a du s’gourer au service des solitudes. Ils ont cru que j’étais deux, les numéros étaient collés. C’est pas grave, mais si on pouvait m’indiquer où ça se balance le mal d’exister qu’on a en trop ? Un service client ? Peut-être même un numéro ? Passez moi le délégué. Le responsable, le manager, j’ai deux trois trucs à lui dire ! Y’a combien de cœurs sur répondeur ? Ça fait 3 ans que j’ai pas pleuré. Pourtant j’sens qu’ça tangue dans ma tête. J’crois que mes larmes se sont paumées, entre les rêves et les regrets. Ça fait 3 ans que j’ai pas pleuré, mais j’les sens tomber en cachette C’est plus des larmes c’est de la pluie. De la pluie dans ma tête. Attendez, attendez ! Comment ça j’peux pas faire demi-tour ? Non, j’ai pas reçu l’info, non. Faut quoi un visa ? Un vaccin contre la nostalgie pour revenir sur ses pas ? Parce que j’en viens de là-bas, en fait, c’est là où j’ai grandi, l’avenir j’connais pas, j’suis juste venu ici en touriste pour visiter. C’est super, bravo, un peu triste la déco, mais j’vous laisse gérer. Comment ça sortie définitive ? C’est ma vie, ou un vigile de fin de soirée ? Laissez moi passer. Vous comprenez pas. J’ai pleins de potes de l’autre côté, un tas de projets que je me suis juré de retrouver quand mon sac serait moins lourd. J’ai des espoirs, mêmes des premiers amours. Laissez moi les prévenir ! Au moins leur dire que je reviendrai pas. Je suis parti comme si j’allais fumer une clope, j’avais pas vu le panneau stop, j’vous jure ! J’aurais su, j’aurais ralentit l’allure, j’serais rester 5 minutes de plus, j’aurais loupé mon arrêt de bus, j’aurais dit je t’aime plus fort, j’aurais fait plus d’efforts, j’sais pas, j’aurais tendu les bras, quand mon père le faisait pas. J’aurais pris plus de souvenirs, j’aurais eu moins envie de partir, j’aurais décroché son appel. Quelque part dans le passé, y’a ma grand-mère qu’est sans nouvelles. Ça fait 3 ans que j’ai pas pleuré. Pourtant j’sens qu’ça tangue dans ma tête J’crois que mes larmes se sont paumées, entre les rêves et les regrets Ça fait 3 ans que j’ai pas pleuré, mais j’les sens tomber en cachette C’est plus des larmes c’est de la pluie. De la pluie dans ma tête.