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  • Félix Radu
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  • Félix Radu, finisher de la 37ème édition du Marathon Des Sables !
Félix Radu, finisher du Marathon des sables, montre sa médaille. En arrière plan le désert marocain.

On l’a fait ! Officiellement finisher de la 37ème édition du Marathon Des Sables !
Cette année enregistre le plus haut taux d’abandons (~37%) dû aux conditions extrêmes de température et de parcours. 250km, en autosuffisance alimentaire dans le désert sous 50/60 degrés dont une sortie longue de 90km soit 26h de marche non-stop.
Des rencontres folles, des amis pour la vie, beaucoup beaucoup de larmes, des ampoules, des remises en question, des doutes, des ciels étoilés à perte de vue, des feux de camp, des anecdotes et des fou-rires, des craquages émotionnels, du sable, encore et toujours du sable et tout ça réunit en une médaille et un large sourire à l’issue de cette aventure.

Merci Eliott Sageat et Élodie Bonnin de m’avoir permis de vivre cette expérience.
Merci Le Petit Prince de m’avoir accompagné tout au long de cette recherche d’un aviateur dans le désert. Merci le clan des Turtles pour les sourires, les biscuits, la force et le courage. Vous êtes inspirants. ❤️

Merci aux médecins, infirmiers, urgentistes, bénévoles, qui ont fait un travail de dingue ! Qui savaient être rassurants, souriants, protecteurs… Leur gentillesse est l’une des choses qui m’a le plus marqué.

Je sors de cette aventure grandi. Réellement. L’impression d’être un autre homme. Une nouvelle vie commence.

Merci pour les roses. Merci pour les épines. 🌹
Félix
J’ai pas tout compris. Est-ce qu’on pourrait répéter ce qu’on attend de moi ? Non, j’ai dû être distrait, j’ai rien vu passer. J’ai pas loupé, j’sais pas, un signe du ciel ou du destin ? Quelque chose qui disait : C’est par là, t’inquiète, tout va bien. Enfin, vous comprenez, j’dis ce qui me vient, ça peut tout aussi bien ressembler à un dictionnaire, ou un panneau publicitaire, un truc céleste qui brille quoi, parce que ça devient urgent là. J’ai besoin d’air, et j’trouve pas comment ouvrir les fenêtres à l’univers. Putain ! Me faites pas croire que je suis le seul avec ce truc mélancolique qui grogne sur le palier. Qui bouffe dans mon assiette, et pisse sur les fleurs quand je vais me promener. En plus, je crois que c’est pas le mien ! On a du me le prêter, il est pas à ma taille, j’ai l’air d’un con, je flotte dedans comme un enfant qui porte le pull de ses darons. C’est pour ça. J’crois qu’on a du s’gourer au service des solitudes. Ils ont cru que j’étais deux, les numéros étaient collés. C’est pas grave, mais si on pouvait m’indiquer où ça se balance le mal d’exister qu’on a en trop ? Un service client ? Peut-être même un numéro ? Passez moi le délégué. Le responsable, le manager, j’ai deux trois trucs à lui dire ! Y’a combien de cœurs sur répondeur ? Ça fait 3 ans que j’ai pas pleuré. Pourtant j’sens qu’ça tangue dans ma tête. J’crois que mes larmes se sont paumées, entre les rêves et les regrets. Ça fait 3 ans que j’ai pas pleuré, mais j’les sens tomber en cachette C’est plus des larmes c’est de la pluie. De la pluie dans ma tête. Attendez, attendez ! Comment ça j’peux pas faire demi-tour ? Non, j’ai pas reçu l’info, non. Faut quoi un visa ? Un vaccin contre la nostalgie pour revenir sur ses pas ? Parce que j’en viens de là-bas, en fait, c’est là où j’ai grandi, l’avenir j’connais pas, j’suis juste venu ici en touriste pour visiter. C’est super, bravo, un peu triste la déco, mais j’vous laisse gérer. Comment ça sortie définitive ? C’est ma vie, ou un vigile de fin de soirée ? Laissez moi passer. Vous comprenez pas. J’ai pleins de potes de l’autre côté, un tas de projets que je me suis juré de retrouver quand mon sac serait moins lourd. J’ai des espoirs, mêmes des premiers amours. Laissez moi les prévenir ! Au moins leur dire que je reviendrai pas. Je suis parti comme si j’allais fumer une clope, j’avais pas vu le panneau stop, j’vous jure ! J’aurais su, j’aurais ralentit l’allure, j’serais rester 5 minutes de plus, j’aurais loupé mon arrêt de bus, j’aurais dit je t’aime plus fort, j’aurais fait plus d’efforts, j’sais pas, j’aurais tendu les bras, quand mon père le faisait pas. J’aurais pris plus de souvenirs, j’aurais eu moins envie de partir, j’aurais décroché son appel. Quelque part dans le passé, y’a ma grand-mère qu’est sans nouvelles. Ça fait 3 ans que j’ai pas pleuré. Pourtant j’sens qu’ça tangue dans ma tête J’crois que mes larmes se sont paumées, entre les rêves et les regrets Ça fait 3 ans que j’ai pas pleuré, mais j’les sens tomber en cachette C’est plus des larmes c’est de la pluie. De la pluie dans ma tête.